BARDEAU - TOITURE

Les noues (vallÉes)

Une noue, aussi appelée "vallée", est l'endroit où se rencontrent deux versants de toiture formant une région concave qui reçoit beaucoup d'eau et où s'accumulent la neige et la glace. Les noues sont particulièrement vulnérables aux fuites d'eau et doivent être colmatées avec beaucoup d'attention. Pour ce faire, il faut d'abord installer une membrane étanche à l'eau, c'est-à-dire une membrane épaisse autocollante tout le long de la noue; ensuite, vu que cette région de la toiture est fortement sollicitée, il est fortement recommandé d'installer, par-dessus la membrane, une tôle qui résistera à l'écoulement de l'eau venant des deux versants adjacents (notez que pour les noues ouvertes, l'installation d'une tôle est obligatoire); enfin, il faut recouvrir le tout avec du bardeau. Il y a plusieurs façons d'installer le bardeau sur une noue, et ces méthodes produisent toutes des noues d'apparence et d'esthétique différentes. Mais en gros, on classe les noues en trois catégories : les noues ouvertes, les noues fermées et le noues croisées.

 

Les noues ouvertes

La méthode des noues ouvertes consiste à ne pas cacher la tôle, mais plutôt de l'utiliser comme rigole pour l'écoulement de l'eau. Cette méthode est fortement recommandée. En effet, la tôle est beaucoup plus résistante que le bardeau et résistera sans problème à un écoulement important d'eau pendant toute la durée de vie du bardeau. Les bardeaux de chaque versant sont coupés en diagonale mais ne se touchent pas, laissant un espace où l'eau s'écoulera. Une noue ouverte peut aussi être esthétique lorsque la couleur de la tôle se marie bien avec celle du bardeau. Cette méthode est souvent recommandée par les fabricants et, pour certains modèles de bardeau, elle est obligatoire.

 

Les noues fermÉes

Les noues fermées sont des noues complètement recouvertes par le bardeau. Même si elles sont étanches, il est toujours un peu risqué de fabriquer une noue fermée puisque, vu le grand débit d'eau engendré dans les noues, le bardeau pourrait user prématurément à ces endroits (souvent deux fois plus vite que le reste de la toiture), et c'est ce que nous voyons régulièrement. Malgré tout, les noues fermées sont quand même populaires et souvent recommandées pour certains modèles de bardeau par les fabricants eux-mêmes. Une méthode de fabrication de noue fermée peut être plus efficace et comporter moins de risques qu'une autre, tandis que certaines sont proscrites pour certains modèles de bardeaux. Il y a deux méthodes utilisées pour fabriquer une noue fermée : la méthode sans chevauchement et la méthode avec chevauchement.

La méthode sans chevauchement

La méthode sans chevauchement est en gros la même méthode utilisée pour une noue ouverte, c'est-à-dire que les bardeaux de chaque versant sont coupés en diagonale sauf que, au lieu de laisser un espace entre les bardeaux pour l'écoulement de l'eau, les bardeaux des deux versants se touchent camouflant complètement tôle. Bien entendu, de cette façon l'eau s'écoule sur le bardeau et les risques d'usure prématurée sont élevés. Qui plus est, les bardeaux se terminent en plein centre de la noue sur la ligne d'écoulement de l'eau, donc lorsque les bardeaux usent, ils se mettent à friser c'est-à-dire que les bords des bardeaux ont une forte tendance à se retrousser, augmentant ainsi les risques d'infiltrations et détruisant l'esthétique de la toiture. Cette méthode est la moins efficace et n'est pas recommandée par les fabricants.

La méthode avec chevauchement

La méthode avec chevauchement consiste à prolonger le bardeau d'un des versants (habituellement le versant le plus bas ou celui avec la plus petite pente) sur l'autre versant d'au moins 12 pouces. Le bardeau de l'autre versant est installé par-dessus ce prolongement et coupé en diagonale près du centre de la noue (environ 2 pouces). Avec cette méthode, les bardeaux sur la noue pourraient aussi subir une usure prématurée, mais les dommages et les risques d'infiltrations sont habituellement moins grands qu'avec la méthode sans chevauchement puisque l'eau ne s'écoule pas sur les terminaisons du bardeau, donc ils n'auront habituellement pas tendance à friser ou retrousser. Cette méthode est souvent recommandée par les fabricants pour certains modèles de bardeau, mais jamais obligatoire.

 

LES NOUES CROISÉES

Une noue croisée, comme son nom l'indique, consiste à croiser les bardeaux, c'est-à-dire que les bardeaux des deux versants ne sont pas coupés sur la noue mais se prolongent sur le versant adjacent d'au moins 12 pouces et se chevauchent, cachant complètement la tôle. Les deux versants sont installés simultanément pour permettre l'entrelacement des bardeaux. Habituellement, cette méthode ne peut être appliquée qu'avec des bardeaux traditionnels à trois pattes, puisqu'ils sont minces et unis, et n'est pas recommandée pour les bardeaux laminés de type architectural et les bardeaux haut de gamme puisqu'ils sont plus épais et munis d'un relief. Cette méthode, comme toutes celles utilisées pour les noues fermées, comportent le risque d'usure prématuré des bardeaux situés sur la noue à cause du fort débit d'eau à cet endroit. Cette méthode n'est pas recommandée par les fabricants et est souvent proscrite pour certains modèles de bardeau.